JANVIER 2020

Consulter le SIC papier

Le SIC papier existe également en version numérisé .pdf, à télécharger ci-dessous.

AddToAny
Share

La synergie s’organise

Charles-René Tandé, président du Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables et Jean Bouquot, président de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes ont mené avec leurs équipes le rapprochement des deux institutions vers une adresse commune. Regards croisés.

 

Les deux institutions nationales de la profession du chiffre partagent, depuis le début du mois de janvier, une même adresse. Doit-on considérer cela comme un aboutissement ou comme un point de départ ?

Charles-René Tandé : C’est un aboutissement si l’on se limite à l’aspect immobilier de l’opération, car, bien que nous ayons encore quelques plâtres à essuyer, le plus gros du chantier est désormais derrière nous. Je tiens d’ailleurs à remercier les élus et les permanents qui se sont mobilisés pour permettre la réalisation de ce projet dans les délais prévus. Mais d’un point de vue plus global, il s’agit d’un point de départ, d’un élément fondateur dans notre volonté de rapprocher nos deux institutions.

 

Jean Bouquot : C’est effectivement un jalon important et emblématique dans la vie de nos deux institutions. Nous l’avons souhaité et je suis très heureux de cette belle opportunité qui nous est ainsi offerte d’aller de l’avant au plan national. Je note que c’est déjà le cas depuis de nombreuses années dans les territoires, pour un meilleur service aux consœurs et confrères et pour une image bien comprise à l’extérieur

 

D’après-vous, quels sont les bénéfices pour la profession de ce rapprochement?

JB : Comme je viens de l’indiquer, travailler en étroite synergie, renforcer la pertinence et l’efficacité de l’action de chaque institution au service de chaque consœur et confrère et, bien entendu, projeter à l’extérieur l’image d’une profession unie et conquérante et totalement présente sur tout le spectre des marchés.

L’aspect financier a aussi guidé cette démarche qui se place dans une perspective d’un rapport coût-avantage très positif.

 

CRT : Ce projet de rapprochement physique part d’un constat simple, que chacun pourra partager : il est plus facile de travailler ensemble lorsque l’on se trouve dans un même lieu. Si les outils numériques nous permettent de travailler plus efficacement à distance, rien ne remplace l’échange direct. Nous arriverons ainsi plus facilement à réaliser des synergies, au bénéfice de la profession dans son ensemble. Et comme en plus nous réaliserons des économies substantielles chaque année, je n'y vois que des avantages.

 

Vous évoquez une volonté de mettre en œuvre des synergies, quelles sont vos priorités dans ce domaine?

JB : Les synergies avec le Conseil supérieur sont indispensables. Depuis que je suis entré dans la profession, j’entends cette demande et je m’étonne parfois qu’au moment même où nous les lançons effectivement et pratiquement, il y ait encore des commentaires sur leur bien-fondé.

Synergie ce n’est pas fusion. La synergie, c’est une volonté de mettre des moyens en commun pour être plus forts, mieux entendus et mieux compris. C’est vrai au plan national, comme au plan international.

Synergie, cela signifie aussi l’optimisation des moyens financiers qui nous sont confiés par nos confrères et consœurs.

Je me sens, et nous nous sentons, comptables des deniers de la profession, responsables face à la capacité contributive de chacun et je forme donc le vœu que synergie rime avec baisse des coûts, renforcement des moyens et développement de nos métiers.

 

CRT : Effectivement, cette recherche de synergies a pour objectif de gagner en efficacité tout en maîtrisant les coûts de gestion de nos deux instances. Nous avons listé l’ensemble des domaines où nos deux institutions interviennent et allons décider, avec les élus et permanents en charge, sur quelles thématiques il sera nécessaire de travailler en commun ou, a minima, de mieux se coordonner.

Les deux institutions l’ont d’ailleurs déjà fait par le passé en mettant en œuvre une direction commune en charge de l’international.

Nous avons d’ores et déjà identifié les domaines prioritaires et notre objectif est d’avoir des résultats dès 2020.

 

L’un des articles de la loi Pacte prévoit que les commissaires aux comptes pourront désormais réaliser des missions contractuelles en dehors d’une mission de certification. Selon vous, ces nouvelles missions créent-elles une ambiguïté avec la mission des experts-comptables ou d’autres professions ?

CRT : Ces nouvelles missions engendrent des questionnements légitimes et nous avons eu, avec Jean Bouquot, l’occasion de nous exprimer sur le sujet à plusieurs reprises, tant au congrès de l’Ordre qu’à la convention de la Compagnie nationale. Le législateur a décidé d’ouvrir de nouvelles possibilités pour les commissaires aux comptes. C’est un fait. Le commissaire aux comptes ne pourra toutefois pas tout faire et ne pourra notamment pas réaliser de missions qui relèvent de la prérogative d’exercice de l’expert-comptable. Nous devons plus que jamais communiquer sur la complémentarité des missions des deux métiers, nous avons, experts-comptables comme commissaires aux comptes, un espace d’activités nouvelles à conquérir, que ni l’un ni l’autre n’occupe actuellement.

 

JB : Le rebond des commissaires aux comptes ne peut, ni ne doit se faire au détriment de l’expertise comptable. Nous y avons veillé avec Charles-René Tandé.

C’est d’ailleurs pour cela que nous avons écouté le marché et travaillé activement à bâtir un «catalogue» de ces nouvelles attestations. Et lorsque l’on s’approprie ce catalogue, on constate que nous nous fondons pleinement sur l’ADN du CAC : indépendance, écoute, engagement, compétence. Cela permet de donner de la confiance. Les études de marché que nous avons fait réaliser confirment que les clients attendent que le CAC reste dans son champ de compétences, et non qu’il aille s’aventurer sur des missions qui s’éloignent de son ADN et brouillent son image.

 
Vos mandats respectifs ont duré plus longtemps que prévu du fait de la loi Pacte. L’année 2020 devrait marquer la fin de ceux-ci. Quels sont vos objectifs pour cette dernière ligne droite?

JB : Poursuivre la démarche de rebond engagée depuis plus d’un an aux Assises de Marseille et partagée lors de la Convention nationale de Lille. Il faut engager maintenant un nouveau pacte de confiance au service des entreprises, des acteurs de l’environnement qu’il soit lucratif ou non et même public. Tout cela doit se partager dans la territorialité et la proximité. Nous devons capitaliser sur notre déontologie et aussi sur notre régulation en apportant bien entendu des outils et de la formation aux consœurs et confrères.

Tout cela doit aussi se faire en préparant le nouveau cadre institutionnel de la profession qui sera en place pour les prochaines élections.

 

CRT : Nous allons poursuivre notre réflexion collective sur l’avenir des diplômes de notre filière. C’est une question structurante, qui nécessite de prendre le temps que chacun s’approprie les enjeux. L’année 2020 sera également l’occasion d’expliquer et d’accompagner les consœurs et confrères à tirer bénéfice des récentes évolutions législatives concernant notre réglementation.

Nous ne pouvons toutefois nous contenter de faire ce qui est prévu, nous devons rester agiles et réactifs pour adapter nos actions à l’évolution rapide de notre environnement.

 

 

Parcourir l'historique du SIC :

Toutes les parutions

Mai-juin 2020

SIC N° 395

  • Spécial COVID-19 Financement - Mesures et initiatives pour soutenir les entreprises
  • Interview de François Asselin, président de la CPME

  • Enquête sur les conséquences de la crise sanitaire

Consulter

AVRIL 2020

sic n° 394

  • SOS Entreprises/SOS Cabinets : deux cellules pour vous accompagner face à la crise
  • Des FAQ thématisées pour mieux vous informer
  • La signature électronique, un outil indispensable pour la poursuite de votre activité

Consulter

MARS 2020

SIC N° 393

  • Réforme des retraites : décodage et mobilisation
  • Hubemploi : refondre pour mieux performer
  • Création du statut d'expert-comptable en entreprise

Consulter

FEVRIER 2020

SIC N° 392

  • Loi de finances 2020 : les principales mesures fiscales
  • DGFip : des chantiers structurants à venir
  • L'Arpec, un nouvel outil LAB au service des experts-comptables

Consulter