Décembre 2019

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Le Comité outre-mer, courroie de transmission des DOM

Le Comité outre-mer, créé en 2017, vise notamment à apporter la richesse et diversité des outre-mer à la profession dans son ensemble. Son président, Marcelino Burel, revient sur ses objectifs et réalisations depuis son lancement.

 

Quelles étaient vos ambitions lorsque vous avez accédé à la présidence du Comité outre-mer ?

Marcelino Burel : Il faut bien comprendre que le Comité outre-mer est tout à fait nouveau dans le paysage du Conseil supérieur de l’ordre. C’est donc une dynamique propre à la mandature portée par Charles-René Tandé.

Pour parler d’ambitions, je vais remonter au moment où j’ai été appelé à faire partie de la liste des candidats au Conseil supérieur. Dès ces premiers instants, j’avais soumis l’idée de la création de ce Comité. En effet, il me paraissait important :

  • pour que l’action du Conseil supérieur s’enrichisse des singularités de chaque région, elle devait s’assurer de manière optimale leur représentativité au sein de la politique globale de la profession ; 
  • pour que l’action des régions s’inscrive en parfaite cohérence avec le pilotage du Conseil supérieur et plus particulièrement lorsqu’il s’agit de régions ultrapériphériques, elle devait disposer d’une courroie de transmission dotée d’une bonne connaissance des terroirs.

Jusque-là, la tendance était de considérer l’outre-mer comme un ensemble homogène alors qu’il fallait tenir compte du côté pluriel des outre-mer. Composer avec leur diversité était donc primordial.

Mes échanges avec Charles-René Tandé à ce propos ont abouti à cette envie d’installer une culture de l’outre-mer au sein même des instances de l’Ordre.

 

Quels sont les objectifs du Comité outre-mer ? Et comment fonctionne-t-il ?

M. B. : Créé ex-nihilo en mars 2017, le Comité s’est donc retrouvé devant une feuille blanche. Il a fallu écrire les grandes lignes de son projet stratégique dont la finalité était de se mettre au service des intérêts des professionnels exerçant en outre-mer, avec pour sous-jacent de développer cette notion de responsabilité sociale qui, dans un environnement insulaire, nous donne un devoir :

  • de clairvoyance (appréhender correctement les enjeux territoriaux) ;
  • d’anticipation (préparer et accompagner les chefs d’entreprise, moteurs de l’économie, aux grands changements de l’ère numérique).

Bien entendu, les contraintes de fonctionnement étant multiples, il nous a fallu trouver un espace-temps qui facilite les échanges entre les membres : coupler ces réunions avec le calendrier des sessions du Conseil supérieur a été la réponse la plus probante.

Cet avantage présente en parallèle un inconvénient majeur par le fait que les actions sont discontinues dans le temps, raison pour laquelle nous avons essayé de concentrer nos premiers axes de travail sur des actions transversales :

  • accroître l’influence de la profession domienne sur la sphère politique nationale et régionale ;
  • impulser une dynamique de marketing territorial ;
  •   développer et adapter les compétences ;
  •  soutenir la transition numérique de la profession domienne ; 
  • attirer les jeunes compétences et rendre la profession attractive.
Quelles sont vos réalisations majeures depuis 2017 ?

M. B. : En cohérence avec ces différents axes de travail je citerais pêle-mêle :

  • ma participation fin 2017 aux assises de l’outre-mer en qualité de rapporteur de l’atelier « Définir un cadre stable, plus lisible, en faveur de la croissance économique et de l’emploi » ; 
  • nos actions dans le cadre du projet de loi Pacte où, parmi les sept propositions, on retrouve la nécessité de rétablir l’égalité des droits concernant la gestion des greffes de commerce dans les DOM. Cette action de concert avec d’autres, et amplifiée par le Conseil régional de l’ordre de La Réunion, a porté ses fruits au cours de ce second semestre 2019 ; 
  • les travaux d’amendements aux deux dernières lois de finances et plus particulièrement ceux portant sur le nouveau dispositif des aides dans les DOM instauré par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2019 où nous avons collaboré avec la Fedom pour l’amélioration du dispositif. À ce titre, la clause de revoyure, acceptée par la ministre des Outre-mer, fait que nous serons de nouveau sur le pont en cette fin d’année ; 
  • la création début 2018 sur le site Infodoc-experts, d’un espace dédié aux spécificités sociales et fiscales outre-mer nous permettant, dans les mêmes conditions que nos confrères nationaux, de profiter pleinement de ce centre d’ingénierie ; 
  • le financement d’une journée itinérante baptisée « Kultur Numérik’ » appelée à se développer chaque année sur les cinq territoires ; 
  • le soutien à la création de deux IRF (Mayotte et Guyane), afin de compléter les moyens d’actions de ces Comités départementaux ; 
  • le co-financement avec les conseils régionaux de multiples projets (tournoi de gestion en Guyane, série d’émissions « 60 minutes avec un expert-­comptable » en Guadeloupe, structuration de la commission de Conciliation à Mayotte, conférence « préparez-vous à changer de monde » sur le digital et l’intelligence artificielle à La Réunion).
Vous avez été président du Conseil régional de La Réunion. En quoi cette expérience vous est-elle utile ici ?

M. B. : Le véritable avantage c’est que mon statut de past-président de Conseil régional me permet d’avoir une approche concrète des problématiques vécues par les territoires éloignés et de ne pas être “hors-sol”.

Cette légitimité est également importante tant pour défendre les sujets qui le méritent vraiment que pour éviter de se faire déborder par toutes demandes dont les réponses doivent naturellement être apportées par les Conseils régionaux eux-mêmes !

En effet, je suis le garant du fait que ­l’action du Comité outre-mer ne vienne pas remplacer celle des Conseils régionaux mais uniquement les compléter, les soutenir, les amplifier. Cependant le Comité se veut également un espace d’innovation et de propositions, ce qui l’autorise, dans certains cas, à lancer ou soutenir des projets tests qui seront ensuite pérennisés par les Conseils régionaux (par exemple, la journée Kultur Numérik’).

Ce statut de past-président de Conseil régional m’avait également permis de mesurer l’importance de faire émerger une synergie entre les DOM et la nécessité de fédérer autour de projets communs.

 

Quels sont vos axes de travail pour 2020 et quels moyens sont mis en place pour y parvenir ?

M. B. : Il aura fallu deux bonnes années pour que le Comité outre-mer trouve son rythme de croisière, notamment sur le plan du développement des projets territoriaux.

Notre Comité s’est doté d’une ligne budgétaire exclusive, destinée à soutenir financièrement la création de nouveaux projets dans les DOM. De plus en plus de projets voient le jour.

En 2020, il conviendra de continuer sur cette lancée pour inscrire durablement l’action du Comité dans l’efficacité.

Dans ce sens, nous avons décidé de renforcer le soutien aux Comités départementaux de Guyane et de Mayotte dont les finances locales ne permettent pas de faire face aux ambitions portées par ces territoires.

2020 sera aussi l’occasion de consolider la dynamique de fédération. C’est pour cela que j’ai imaginé que la meilleure façon devait passer par le fait de favoriser l’immersion des élus d’un DOM dans les autres, pour mieux se comprendre et s’enrichir des « innovations sociales » qui peuvent émerger de chaque DOM.

 

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